Dans l’actualité politique en Bulgarie tout tourne autour de la crise gouvernementale. Les institutions semblent bloquées entre deux parlements, deux Présidents en attendant les élections législatives anticipées. Or, ministres et députés ne délaissent pas le dossier de la prévention contre le terrorisme et légifèrent à tour de bras dans l'urgence.
Hier, le Parlement a voté la version définitive de la Loi antiterroriste pour introduire des clauses sur l’état d’urgence et les opérations antiterroristes. Désormais, les médias sont obligés de transmettre toute information reçue de leurs sources sans l’altérer et ils peuvent ne pas communiquer des données sur les participants et leurs faits et gestes. L’Agence à la Sécurité nationale est autorisée sous certaines conditions de procéder à des arrestations. Une loi d’exception prévoit d’agir avec des procédés du renseignement, en cas de danger d’acte terroriste, mais avec l’autorisation d’une Cour spéciale pénale. Ainsi, l’armée peut aussi procéder à des arrestations et à des interpellations.
Des députés de droite ont protesté contre ces amendements et ont dénoncé le caractère répressif d’une loi qui attribue à l’armée les fonctions de la police. A gauche on a contesté les abus contre les droits et libertés individuels, notamment à travers les mises sur écoute. Cela fait longtemps que les défenseurs des droits des citoyens mettent en garde contre les abus qui pourront être perpétrés sous prétexte de loi d’exception. De l’autre côté on répond que ce sera le cas seulement dans certaines circonstances.
Parallèlement, la Bulgarie a signé l’accord pour les échanges d’informations avec les Etats-Unis au sujet de migrants qui sont considérés comme ayant un profil à risque. Cet accord est préparé depuis longtemps et récemment Alan Bersin, le secrétaire d’Etat américain à la sécurité intérieure en visite à Sofia a dit qu’il ne s’inquiétait pas du devenir de cet accord, car même si le gouvernement changeait, il serait signé par les administrations responsables qui ne dépendent pas des changements dans la politique intérieure.
Pas de changements non plus dans la politique envers les migrants : le gouvernement a extradé un groupe de 140 Afghans qui ont participé à l’émeute à Harmanli et 200 autres attendent de quitter le territoire. Des accords bilatéraux permettent le renvoi d’un certain nombre de réfugiés afghans, ce qui s’est récemment produit en Allemagne aussi. De toute évidence pour le gouvernement ces dossiers sont prioritaires par rapport à d’autres et il a sans doute ses raisons.
Version française : Miladina Monova
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