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Le boxeur Daniel Assenov, le Tyson de Koukorévo

Il a 21 ans, il est né à Koukorévo, un village du Sud-Est de Bulgarie. Le boxeur Daniel Assénov vient de remporter son sixième titre européen aux championnats de boxe de Vladikavkaz (Russie) chez les moins de 22 ans. Quant à Boyan, son frère cadet, il est médaillé d’argent dans la catégorie des 56 kg. Les athlètes de la sélection nationale bulgare de boxe et leur entraîneur cubain Joel Solar Arate sont en deuxième position pour le nombre de médailles dans la compétition chez les hommes.

Daniel avec son entraîneur Joël Solaire et son frère Boyan au Championnat européen de Vladicaucase

Le jeune talent nous en dit plus sur le chemin qui l’a fait accéder au sommet:

„Eh oui, le chemin a été dur. Comme on le sait les bons boxeurs en Europe ce n’est pas ça qui manque. C’est pourquoi je suis d’ autant plus fier qu’un modeste pays comme la Bulgarie a réussi à se hisser en deuxième position pour le nombre de médailles après la Russie, le pays invitant“.


Cette victoire vient un mois plus tard après que Daniel Assenov a soulevé pour la deuxième fois la coupe „Strandja“ à l’issue de la 70e édition du plus ancien tournoi de boxe éponyme du vieux continent. La réussite pour lui c’est mouiller le maillot sans relâche, des heures d’entraînement, des privations, de solitude et plein d’autres choses, mais Daniel affirme ne rien regretter. Remporter l’or pour a Bulgarie vaut plus que tout, dit-il. Le sport est la meilleure école pour les jeunes, il les aide à se construire, à devenir des vrais hommes, à ne rien lâcher. Et il ajoute „dehors je suis comme n’importe quel jeune homme. Une fois en salle, tout change“. D’accord, je réponds, mais est-ce qu’il ne t’est jamais arrivé de vouloir décrocher, de vivre ta vie autrement, d’en finir avec ces sacrifices ?

« Dans les premiers temps oui, - avoue Daniel. – Mais je suis fier d’avoir tenu bon, à ne pas me disperser, mais au contraire  me concentrer sur mon travail. Parce que, c’est bien connu, un ado est très influençable, on peut le manipuler comme on veut et il se laisse séduire facilement.


Maintenant Daniel est connu bien plus par son surnom Tyson que par son vrai nom. C’est son premier entraîneur qui lui donne ce surnom. „ C’est sans doute Mike Tyson qui est ton idole?“ - je lui demande. Il l’était quand j’étais jeune garçon. Et maintenant  c’est qui ? - je ne lâche pas prise. – Il s’appelle Daniel Assenov,  répond-il dans un grand éclat de rire. Et d’ajouter : Quand j’étais petit, j’étais fasciné par Mike Tyson, par son style de combat. Mais avec le temps j’ai appris à combattre dans un autre style qui me plaît beaucoup plus et qui me permet de gagner. »

C’est Katin, le frère aîné de Daniel qui l’aiguille sur la boxe. Et il monte sur le ring un an après son aîné. Peu de temps après, bien qu’il soit encore novice et qu’il ait encore beaucoup à apprendre, Daniel commence à entraîner son frère cadet Boyan. Eh oui, tous les trois, on est entré dans la boxe à peu près à un an d’intervalle, se souvient le champion. 

Daniel et RosalieFaire du sport sa profession est un énorme challenge. Et pour réussir sur ce parcours semé d’embûches en tout genre Daniel compte avant tout sur ses propres forces. Et n’oublie pas de rappeler l’aide et le soutien que lui apportent ses entraîneurs, son amie – la boxeuse Rosalia Paychéva, sa famille, bien sûr, car ce sont eux les personnes les plus proches. Ils sont tous derrière moi. Ils ont confiance en moi, ils croient en moi, en ma réussite et font tout pour que je sois au top, sur le plan physique et mental. Et c’est sans doute cette confiance qui le pousse à se dépasser, dit encore Daniel et d’ajouter:

«  Je suis heureux d’avoir mes deux frères, médaillés eux aussi aux championnats européens, ils sont super. Mes frères sur lesquels je peux toujours compter, autant qu’ils peuvent compter sur moi. Mes parents sont des gens merveilleux. Ils sont très ouverts, me disent toujours ce qu’ils pensent sans jamais rien m’épargner. Quand je fais des erreurs, ils font tout pour me corriger, toujours à mon écoute. Même parfois je trouve qu’ils en font un peu trop, mais on ne doit pas oublier que ce sont eux, les parents qui pensent à nous à chaque instant.

Daniel – le Mike Tyson de Koukorévo n’aime pas faire des projets, du moins il n’en parle pas :

«  Tout ce que je veux c’est la santé. Tout ce qui doit arriver, arrivera un beau jour. Je crois que je réussirais avec mon style de boxer, mes qualités que je continue de développer. J’espère que je n’aurai pas de blessures, c’est ça le plus important, dit en conclusion Daniel Assenov, sextuple champion de boxe d’Europe. 


Version française : Roumiana Markova

Photos: archives personnelles et bgboxing.org



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